{"id":583,"date":"2021-03-17T13:49:30","date_gmt":"2021-03-17T13:49:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/articles\/building-democracy-2-0-the-promise-of-proportional-voting\/"},"modified":"2021-03-17T13:49:30","modified_gmt":"2021-03-17T13:49:30","slug":"construire-la-democratie-2-0-la-promesse-du-scrutin-proportionnel","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/articles\/building-democracy-2-0-the-promise-of-proportional-voting\/","title":{"rendered":"Construire la d\u00e9mocratie 2.0 : la promesse du vote proportionnel"},"template":"","class_list":["post-583","article","type-article","status-publish","hentry","article_type-blog-post"],"acf":{"details":{"summary":"This is part 10 in a multi-part series examining ways to build an inclusive democracy for the 21st century.","featured_image":null,"article_type":162,"authors":["{\"site_id\":\"68\",\"post_type\":\"person\",\"post_id\":555}"],"related_issues":[109,417],"related_work":false,"location":null},"sidebar":{"helper_enable_sidebar":false,"helper_media_contact":{"heading":"Media Contact","manually_enter_person":false,"person":null,"name":"","role":"","phone":"","email":""},"helper_links_downloads":{"heading":"Links & Downloads","links":null}},"page_layout":[{"acf_fc_layout":"layout_wysiwyg","_acfe_flexible_toggle":null,"component_wysiwyg":{"content":"<strong>Introduction<\/strong>\r\n\r\nCet essai examine le syst\u00e8me \u00e9lectoral le moins connu : le scrutin proportionnel. Comme nous l&#039;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, John Stuart Mills, ainsi que plusieurs autres th\u00e9oriciens politiques, ont con\u00e7u ce syst\u00e8me au 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Il s&#039;est r\u00e9pandu lorsque les partis lib\u00e9raux en Europe ont lutt\u00e9 pour maintenir leur pertinence face \u00e0 la croissance des partis socialistes et ouvriers. Le vote proportionnel a permis aux partis lib\u00e9raux ainsi qu&#039;aux partis conservateurs de remporter des si\u00e8ges sans avoir \u00e0 obtenir la majorit\u00e9 des voix. \u00c0 partir du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle<sup>\u00e8me<\/sup> Au cours du 19e si\u00e8cle, les \u00c9tats-Unis ont manifest\u00e9 un int\u00e9r\u00eat similaire pour le vote proportionnel. Le Mouvement progressiste en a fait une priorit\u00e9 de son programme politique, et d&#039;autres organisations, comme la Ligue de repr\u00e9sentation proportionnelle, en ont promu l&#039;id\u00e9e. Plusieurs villes am\u00e9ricaines ont adopt\u00e9 une forme de vote proportionnel d\u00e8s 1915, mais les efforts se sont estomp\u00e9s au fil du temps. Contrairement au scrutin majoritaire \u00e0 un tour, le vote proportionnel est une invention relativement r\u00e9cente de la d\u00e9mocratie. Il ne pr\u00e9sente pas l&#039;attrait intuitif du vote majoritaire. Nous verrons que, d&#039;un point de vue op\u00e9rationnel, il fonctionne presque comme un miroir oppos\u00e9 des syst\u00e8mes majoritaires. Il encourage et prosp\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la pluralit\u00e9 des partis. Il n&#039;aboutit g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00e0 des r\u00e9sultats \u00e9lectoraux d\u00e9cisifs conduisant \u00e0 des majorit\u00e9s, mais n\u00e9cessite plut\u00f4t la constitution de coalitions. C&#039;est pourquoi ses critiques s&#039;inqui\u00e8tent de la capacit\u00e9 du vote proportionnel \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des gouvernements efficaces. En encourageant les \u00e9lecteurs \u00e0 exprimer leurs pr\u00e9f\u00e9rences plut\u00f4t qu&#039;\u00e0 voter strat\u00e9giquement (c&#039;est-\u00e0-dire pour \u00e9viter un r\u00e9sultat moins souhaitable), le vote proportionnel produit certains comportements sociaux avantageux dans un syst\u00e8me d\u00e9mocratique. Ces comportements fournissent une base solide \u00e0 la d\u00e9mocratie, comme en t\u00e9moigne le fait que les d\u00e9mocraties utilisant le vote proportionnel fonctionnent bien dans l\u2019environnement actuel par rapport aux d\u00e9mocraties majoritaires.\r\n\r\n<strong>Deuxi\u00e8me loi de Duverger<\/strong>\r\n\r\nComme d\u00e9crit dans le dernier essai, Maurice Duverger est reconnu pour avoir identifi\u00e9 le lien entre le scrutin majoritaire simple \u00e0 un tour et les syst\u00e8mes bipartites. Connue sous le nom de loi de Duverger, cette th\u00e9orie stipule que les syst\u00e8mes majoritaires incitent les \u00e9lecteurs \u00e0 choisir des candidats qui, sans \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, sont les plus susceptibles de battre celui qu&#039;ils appr\u00e9cient le moins. Ce \u00ab facteur psychologique \u00bb favorise le bipartisme en polarisant l&#039;\u00e9lectorat, ce qui freine l&#039;essor des tiers partis. La deuxi\u00e8me loi de Duverger est beaucoup moins \u00e9tudi\u00e9e. Elle concerne les syst\u00e8mes de scrutin proportionnels. Alors qu&#039;un syst\u00e8me majoritaire simple tend \u00e0 engendrer et \u00e0 entretenir un syst\u00e8me bipartite, un syst\u00e8me de scrutin proportionnel tend \u00e0 engendrer et \u00e0 entretenir un syst\u00e8me multipartite. <u>Les partis politiques<\/u>Duverger cite l&#039;exemple de la Belgique. Les socialistes ont fait de grands progr\u00e8s en mati\u00e8re de conqu\u00eate de si\u00e8ges dans les ann\u00e9es 1890, au d\u00e9triment du Parti lib\u00e9ral. Le Parti catholique conservateur voyait venir le sort du syst\u00e8me majoritaire existant\u00a0: en quelques cycles \u00e9lectoraux, il serait seul face au Parti socialiste. Pire encore, si le Parti socialiste obtenait la majorit\u00e9 des si\u00e8ges, le Parti catholique perdrait tout si\u00e8ge \u00e0 la table des n\u00e9gociations. En r\u00e9action, le Parti catholique a instaur\u00e9 le scrutin proportionnel, facilitant le retour du Parti lib\u00e9ral. Cela a permis aux partisans du Parti lib\u00e9ral d&#039;\u00e9viter le choix difficile impos\u00e9 par le scrutin majoritaire entre socialistes et catholiques. Le scrutin proportionnel garantissait la pr\u00e9sence de plusieurs partis \u00e0 la table des n\u00e9gociations. Duverger ne fournit pas beaucoup de d\u00e9tails sur le lien entre le scrutin proportionnel et le multipartisme. Il souligne simplement que le multipartisme na\u00eet naturellement en l&#039;absence de vote strat\u00e9gique. Il \u00e9crit\u00a0:\r\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La polarisation du scrutin uninominal n&#039;a pas de sens dans le syst\u00e8me proportionnel o\u00f9 il n&#039;y a pas de voix perdue (du moins en th\u00e9orie) ; on a donc le processus inverse de \u00ab d\u00e9polarisation \u00bb. Le premier effet de la repr\u00e9sentation proportionnelle est donc de mettre fin \u00e0 toute tendance au bipartisme ; \u00e0 cet \u00e9gard, elle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un frein puissant.<\/p>\r\nIl poursuit avec le vote proportionnel :\r\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Rien n\u2019encourage les partis ayant des tendances similaires \u00e0 fusionner, car leur division ne leur fait que peu ou pas de mal. Rien n\u2019emp\u00eache les scissions au sein des partis, car la repr\u00e9sentation totale des deux factions s\u00e9par\u00e9es ne sera pas m\u00e9caniquement r\u00e9duite par l\u2019effet du vote ; elle le sera peut-\u00eatre psychologiquement, par la confusion qu\u2019il s\u00e8me parmi les \u00e9lecteurs, mais le bulletin de vote n\u2019y joue aucun r\u00f4le.<\/p>\r\nEn substance, les partis politiques r\u00e9agissent \u00e0 un environnement qui ne les p\u00e9nalise pas s\u2019ils obtiennent moins de la majorit\u00e9 des voix. Ils n\u2019ont plus besoin de former de larges coalitions instables pour gagner. Ils peuvent se permettre de se d\u00e9barrasser de certains groupes qui mettent \u00e0 rude \u00e9preuve leur philosophie ou leur identit\u00e9 fondamentale. Duverger fait remarquer que \u00ab la seule att\u00e9nuation de la tendance fondamentale \u00e0 pr\u00e9server un multipartisme \u00e9tabli vient de la nature collective de la repr\u00e9sentation proportionnelle : le parti doit avoir une organisation, une discipline, une structure. \u00bb En d\u2019autres termes, les partis dans un syst\u00e8me proportionnel doivent toujours rivaliser avec d\u2019autres partis pour \u00eatre viables \u2013 ils n\u2019ont tout simplement pas \u00e0 man\u0153uvrer dans un contexte de polarit\u00e9 entre deux factions dominantes.\r\n\r\n<strong>Types de syst\u00e8mes de vote proportionnels<\/strong>\r\n\r\nL&#039;id\u00e9e des syst\u00e8mes de vote proportionnels est n\u00e9e apr\u00e8s la mise en \u0153uvre des syst\u00e8mes majoritaires. Alors que les nations europ\u00e9ennes \u00e9voluaient progressivement vers la d\u00e9mocratie au milieu du XIXe si\u00e8cle,<sup>\u00e8me<\/sup> Au XIXe si\u00e8cle, ils ont pu observer et r\u00e9fl\u00e9chir au fonctionnement des syst\u00e8mes \u00e9lectoraux dans la pratique. Certains th\u00e9oriciens politiques ont r\u00e9fl\u00e9chi en profondeur \u00e0 la signification du gouvernement repr\u00e9sentatif, comme nous le verrons dans le prochain essai, ce qui a conduit \u00e0 l&#039;exp\u00e9rimentation de nouvelles id\u00e9es. Ces penseurs ont pu voir les avantages d&#039;un syst\u00e8me proportionnel. Cependant, \u00e9tant donn\u00e9 la complexit\u00e9 de cette approche, il a fallu des essais et des erreurs ainsi qu&#039;une analyse th\u00e9orique approfondie pour comprendre comment un syst\u00e8me proportionnel pouvait \u00eatre mis en \u0153uvre dans une \u00e9lection. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les syst\u00e8mes \u00e9lectoraux ont \u00e9t\u00e9 mis en place par des partis politiques.<sup>\u00e8me<\/sup> Au cours du XXe si\u00e8cle, de nombreux d\u00e9tails ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus. En fin de compte, il a fallu l&#039;int\u00e9r\u00eat personnel des dirigeants des partis menac\u00e9s par leurs rivaux pour inciter \u00e0 l&#039;adoption de ces syst\u00e8mes \u00e0 l&#039;aube du XXe si\u00e8cle.<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Fondamentalement, le vote proportionnel cherche \u00e0 traduire la part des voix d&#039;un parti en une part correspondante de si\u00e8ges au parlement. Autrement dit, un parti qui obtient moins de la majorit\u00e9 ou de la pluralit\u00e9 des voix peut n\u00e9anmoins gagner des si\u00e8ges proportionnellement \u00e0 sa part de voix (par exemple, un parti recevant 30% des voix remporte 30% des si\u00e8ges). Pour fonctionner, le vote proportionnel n\u00e9cessite des circonscriptions plurinominales. G\u00e9n\u00e9ralement, le nombre de voix n\u00e9cessaires pour remporter un si\u00e8ge dans une circonscription plurinominale, appel\u00e9 seuil ou \u00ab\u00a0quota\u00a0\u00bb, est fonction du total des voix divis\u00e9 par le nombre de si\u00e8ges. Par exemple, si 100\u00a0000 voix sont exprim\u00e9es dans une circonscription de dix si\u00e8ges, un parti doit remporter au moins 10\u00a0000 voix pour remporter un si\u00e8ge (le quota est donc de 10\u00a0000). Cette formule garantit que le nombre de vainqueurs ne d\u00e9passe pas le nombre de si\u00e8ges de la circonscription, en supposant une r\u00e9partition \u00e9quitable des voix entre tous les partis ou candidats. Bien s\u00fbr, la plupart des \u00e9lections n&#039;aboutissent pas \u00e0 une r\u00e9partition \u00e9quitable des voix. Il reste g\u00e9n\u00e9ralement des voix au-del\u00e0 du quota pour certains candidats et partis. Par cons\u00e9quent, les syst\u00e8mes proportionnels doivent inclure un m\u00e9canisme permettant de r\u00e9partir les voix restantes jusqu&#039;\u00e0 ce que tous les si\u00e8ges soient pourvus. Les concepteurs de syst\u00e8mes appellent le nombre de si\u00e8ges dans une circonscription \u00ab\u00a0ampleur de la circonscription\u00a0\u00bb. L&#039;ampleur de la circonscription a plusieurs impacts op\u00e9rationnels sur les \u00e9lections et le fonctionnement d&#039;une d\u00e9mocratie. Plus l&#039;ampleur de la circonscription est importante, plus il y a de si\u00e8ges \u00e0 pourvoir. Un pays entier peut former une seule circonscription avec de nombreux si\u00e8ges \u00e0 pourvoir. C&#039;est le cas en Isra\u00ebl et aux Pays-Bas, qui comptent respectivement 120 et 150 si\u00e8ges. Plus l&#039;ampleur de la circonscription est importante, plus la proportionnalit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e. Plus l&#039;ampleur de la circonscription est importante, plus il est facile pour les partis d&#039;atteindre le quota et de gagner des si\u00e8ges. Par cons\u00e9quent, plus l&#039;ampleur de la circonscription est importante, plus les partis politiques sont repr\u00e9sent\u00e9s au gouvernement. Par exemple, en Isra\u00ebl ou aux Pays-Bas, il est possible pour un parti de remporter un si\u00e8ge avec seulement 1,51\u00a0TP3T des voix, ce qui permet aux petits partis d&#039;en gagner. Il existe deux principaux types de scrutin proportionnel\u00a0: le vote unique transf\u00e9rable (VUT) et la repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 liste (RPL). Le VUT n&#039;est utilis\u00e9 que dans quelques cas, principalement dans les pays li\u00e9s \u00e0 la Grande-Bretagne. En revanche, le RPL est le plus r\u00e9pandu au monde, la plupart des nouvelles d\u00e9mocraties l&#039;utilisant, ainsi que la plupart des pays d&#039;Europe, d&#039;Am\u00e9rique latine et d&#039;Afrique.\r\n\r\n<strong>Vote unique transf\u00e9rable<\/strong>\r\n\r\nPlusieurs th\u00e9oriciens politiques ont cr\u00e9\u00e9 le syst\u00e8me STV de mani\u00e8re ind\u00e9pendante au cours du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Bien qu&#039;il soit ant\u00e9rieur au syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 liste et qu&#039;il soit un favori des politologues, son utilisation reste limit\u00e9e. La R\u00e9publique d&#039;Irlande en fournit l&#039;exemple le plus connu. Parmi les autres applications, citons Malte, le S\u00e9nat f\u00e9d\u00e9ral australien et une poign\u00e9e de juridictions locales en Nouvelle-Z\u00e9lande, en \u00c9cosse, en Irlande du Nord et en Colombie-Britannique. Thomas Hare, philosophe politique et membre du Parlement britannique, est le plus associ\u00e9 au syst\u00e8me de VUT. Hare a \u00e9crit <u>Trait\u00e9 sur l&#039;\u00e9lection des repr\u00e9sentants<\/u> entre 1859 et 1873. Dans sa pr\u00e9face, il \u00e9crivait que la repr\u00e9sentation proportionnelle \u00ab mettrait fin aux maux de la corruption, au m\u00e9contentement violent et \u00e0 la restriction du pouvoir de s\u00e9lection ou du choix des \u00e9lecteurs \u00bb. Hare \u00e9tait un contemporain de John Stuart Mills, qui vantait les vertus du VUT, le d\u00e9crivant comme \u00ab la plus grande am\u00e9lioration dont le syst\u00e8me de gouvernement repr\u00e9sentatif soit susceptible ; une am\u00e9lioration qui [\u2026] comble et corrige pr\u00e9cis\u00e9ment le d\u00e9faut majeur, et ce qui semblait auparavant inh\u00e9rent, du syst\u00e8me repr\u00e9sentatif \u00bb. En substance, le VUT utilise un aspect cl\u00e9 du syst\u00e8me de vote alternatif (VA) (\u00e9galement appel\u00e9 vote pr\u00e9f\u00e9rentiel ou vote pr\u00e9f\u00e9rentiel). Comme le syst\u00e8me VA, les \u00e9lecteurs classent les candidats sur le bulletin de vote selon leurs pr\u00e9f\u00e9rences. Cependant, le VUT n&#039;exige pas qu&#039;un candidat obtienne la majorit\u00e9 des voix pour remporter un si\u00e8ge. Au lieu de cela, le VUT utilise des circonscriptions plurinominales et un quota, ce qui en fait un syst\u00e8me proportionnel. Les \u00e9lecteurs classent les candidats individuels figurant sur le bulletin de vote. Les candidats qui atteignent le quota occupent un si\u00e8ge. Si un tour de d\u00e9pouillement ne donne aucun vainqueur, le candidat ayant obtenu le moins de voix est \u00e9limin\u00e9 et le d\u00e9pouillement se poursuit jusqu&#039;\u00e0 ce que tous les si\u00e8ges soient pourvus. Le vote pr\u00e9f\u00e9rentiel (VUT) est bien accueilli par les th\u00e9oriciens politiques car il permet de pourvoir les si\u00e8ges en comptant les bulletins lors de tours successifs plut\u00f4t qu&#039;en utilisant une formule de r\u00e9partition comme c&#039;est le cas avec le scrutin proportionnel \u00e0 scrutin de liste. Cependant, les \u00e9lecteurs ne sont pas tenus de classer tous les candidats sur le bulletin. Cela peut entra\u00eener la disqualification des bulletins lors des tours de d\u00e9pouillement suivants. Dans certains cas, des candidats peuvent remporter des si\u00e8ges sans avoir atteint le quota. Comme indiqu\u00e9, tr\u00e8s peu de pays utilisent le VUT et seuls deux l&#039;utilisent pour leur chambre basse\u00a0: la R\u00e9publique d&#039;Irlande et Malte. Ces deux pays ont une faible population. La population de la R\u00e9publique d&#039;Irlande est inf\u00e9rieure \u00e0 la moiti\u00e9 de celle de la Caroline du Nord, et Malte compte environ 500\u00a0000 habitants. L&#039;histoire de l&#039;adoption du VUT en Irlande \u00e9claire notre r\u00e9flexion sur les syst\u00e8mes de VUT. Les Britanniques ont milit\u00e9 en faveur d&#039;un syst\u00e8me proportionnel lors de leur ind\u00e9pendance en 1922 afin de garantir \u00e0 la minorit\u00e9 protestante une voix au Parlement (Dail). Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les Britanniques n&#039;ont jamais adopt\u00e9 le scrutin proportionnel et \u00e9taient donc peu familiaris\u00e9s avec le scrutin de liste. Le VUT a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9, compte tenu de son statut aupr\u00e8s des politologues britanniques. Le Dail compte environ 166 d\u00e9put\u00e9s et une quarantaine de circonscriptions ou districts. Chaque district compte donc quatre ou cinq si\u00e8ges. Par cons\u00e9quent, la taille du district permet \u00e0 quatre ou cinq partis de remporter la plupart des si\u00e8ges au Dail. Le plus grand parti, le Fianna Fail, a lanc\u00e9 un r\u00e9f\u00e9rendum en 1959 et 1968 pour remplacer le VUT par un syst\u00e8me majoritaire, refl\u00e9tant la tendance naturelle des grands partis \u00e0 \u00e9liminer la concurrence des petits partis. Les deux r\u00e9f\u00e9rendums ont \u00e9chou\u00e9. Tout au long de l&#039;histoire de l&#039;Irlande apr\u00e8s l&#039;ind\u00e9pendance, deux partis ont domin\u00e9 la sc\u00e8ne politique\u00a0: le Fianna Fail, centriste, et le Fine Gael, de centre-droit. Lors des r\u00e9cents cycles \u00e9lectoraux, le Sinn Fein a r\u00e9alis\u00e9 des gains significatifs aux d\u00e9pens du Fianna Fail. \u00c9tant donn\u00e9 que les \u00e9lecteurs peuvent choisir parmi les candidats d&#039;un m\u00eame parti, le syst\u00e8me irlandais du VUT cr\u00e9e une intense concurrence intra-parti. Les critiques affirment que les d\u00e9put\u00e9s sortants se concentrent sur le service \u00e0 la population au d\u00e9triment des questions politiques plus vastes qui touchent la nation. L&#039;une des raisons en est le ratio repr\u00e9sentants\/population. Il est de 1 pour 20\u00a0000 en Irlande, contre 1 pour 50\u00a0000 pour les circonscriptions parlementaires d&#039;\u00c9tat en Caroline du Nord et 1 pour 750\u00a0000 pour les membres de la Chambre des repr\u00e9sentants des \u00c9tats-Unis. Ce ratio maintient un lien \u00e9troit entre les d\u00e9put\u00e9s et les \u00e9lecteurs. Compte tenu de la taille de l&#039;Irlande (moins de la moiti\u00e9 de la population de la Caroline du Nord), il est difficile de tirer trop de conclusions. Quoi qu&#039;il en soit, la R\u00e9publique d&#039;Irlande se classe parmi les 10 premi\u00e8res d\u00e9mocraties mondiales selon l&#039;Indice de d\u00e9mocratie, qui sera d\u00e9taill\u00e9 ult\u00e9rieurement.\r\n\r\n<strong>Syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 liste<\/strong>\r\n\r\nComme d&#039;autres syst\u00e8mes de vote proportionnels, le scrutin proportionnel de liste est n\u00e9 au 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, alors que les th\u00e9oriciens politiques cherchaient des alternatives au scrutin majoritaire. La premi\u00e8re description claire du scrutin proportionnel \u00e0 scrutin de liste est venue de Victor D&#039;Hondt en Belgique. Il a d\u00e9crit le syst\u00e8me en 1878, et la Belgique l&#039;a adopt\u00e9 pour ses \u00e9lections parlementaires en 1900. Il s&#039;est rapidement r\u00e9pandu en Europe pour les raisons d\u00e9crites pr\u00e9c\u00e9demment. Aujourd&#039;hui, le scrutin proportionnel \u00e0 scrutin de liste est le syst\u00e8me \u00e9lectoral le plus populaire au monde, avec environ 35% de d\u00e9mocraties l&#039;utilisant (en comparaison, 24% de d\u00e9mocraties utilisent un scrutin uninominal majoritaire \u00e0 un tour). Il est \u00e9galement int\u00e9ressant de noter que parmi la trentaine de pays ayant connu une r\u00e9forme \u00e9lectorale au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, la plupart sont pass\u00e9s d&#039;un syst\u00e8me majoritaire \u00e0 un scrutin proportionnel \u00e0 scrutin de liste ou \u00e0 un syst\u00e8me comportant davantage d&#039;\u00e9l\u00e9ments proportionnels. Dans sa forme la plus simple, chaque parti fournit une liste de candidats pour les si\u00e8ges d&#039;une circonscription plurinominale. Les \u00e9lecteurs votent pour la liste d&#039;un parti. Les partis se voient attribuer des si\u00e8ges en fonction de leur total de voix. Les listes peuvent \u00eatre ouvertes ou ferm\u00e9es. Avec une liste ouverte, les \u00e9lecteurs peuvent choisir parmi les candidats figurant sur la liste d&#039;un parti. Avec une liste ferm\u00e9e, ils doivent s\u00e9lectionner la liste d&#039;un parti telle que pr\u00e9sent\u00e9e. Les concepteurs de syst\u00e8mes constatent que les circonscriptions comptant entre trois et sept si\u00e8ges fonctionnent bien. Ces syst\u00e8mes permettent de g\u00e9rer un nombre raisonnable de partis politiques. Certains pays fixent l\u00e9galement un seuil minimum pour remporter un si\u00e8ge. Par exemple, l&#039;Allemagne et la Nouvelle-Z\u00e9lande exigent qu&#039;un parti obtienne au moins 5 % des voix \u00e0 l&#039;\u00e9chelle nationale pour obtenir un si\u00e8ge au parlement. Cette r\u00e8gle vise \u00e0 r\u00e9duire le r\u00f4le des groupes marginaux au gouvernement. Le scrutin proportionnel \u00e0 listes requiert une assistance technique absente des scrutins majoritaires. Un probl\u00e8me fr\u00e9quent concerne l&#039;attribution des voix restantes, ou des voix non utilis\u00e9es pour atteindre le quota d&#039;un si\u00e8ge. Les concepteurs de syst\u00e8mes \u00e9lectoraux disposent de plusieurs m\u00e9thodes pour convertir les voix restantes en si\u00e8ges. Les plus courantes sont la m\u00e9thode de la moyenne la plus \u00e9lev\u00e9e et la m\u00e9thode du plus grand reste. La m\u00e9thode de la moyenne la plus \u00e9lev\u00e9e consiste \u00e0 diviser successivement le nombre de voix re\u00e7ues par chaque parti par une s\u00e9rie de diviseurs. Cela produit un tableau de moyennes. Ce tableau attribue les si\u00e8ges en fonction du diviseur jusqu&#039;\u00e0 ce qu&#039;il ne reste plus de si\u00e8ges vacants. Cette m\u00e9thode tend \u00e0 favoriser les grands partis, car elle \u00e9l\u00e8ve le seuil requis pour obtenir des si\u00e8ges. D&#039;autres syst\u00e8mes utilisent la m\u00e9thode du plus grand reste. Lorsqu&#039;il reste des si\u00e8ges \u00e0 pourvoir parce qu&#039;aucun parti n&#039;a d\u00e9pass\u00e9 le seuil requis, les si\u00e8ges restants sont attribu\u00e9s selon cette m\u00e9thode aux partis selon le nombre de voix restantes. Cette approche peut aider les petits partis \u00e0 gagner des si\u00e8ges.\r\n\r\n<strong>Exp\u00e9rience avec List PR en Nouvelle-Z\u00e9lande<\/strong>\r\n\r\nLa Nouvelle-Z\u00e9lande offre un exemple int\u00e9ressant d&#039;une variante du syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 scrutin de liste. En tant que membre du Commonwealth britannique, la Nouvelle-Z\u00e9lande a h\u00e9rit\u00e9 d&#039;un syst\u00e8me de vote majoritaire. La Nouvelle-Z\u00e9lande a suivi un mod\u00e8le similaire \u00e0 celui de la Grande-Bretagne. Un parti travailliste en plein essor a soutenu le vote proportionnel \u00e0 l&#039;aube du XXe si\u00e8cle.<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Le Parti lib\u00e9ral a r\u00e9sist\u00e9 aux r\u00e9formes jusqu&#039;\u00e0 ce qu&#039;il soit trop tard, et le Parti travailliste l&#039;a remplac\u00e9 comme deuxi\u00e8me grand parti. Concentr\u00e9 dans les zones urbaines, le Parti travailliste a souffert d&#039;un nombre disproportionn\u00e9 de votes perdus. Finalement, le pays a connu des r\u00e9sultats tr\u00e8s fauss\u00e9s lors de deux \u00e9lections nationales successives en 1978 et 1981. Dans les deux cas, le Parti national conservateur a conserv\u00e9 la majorit\u00e9 absolue des si\u00e8ges \u00e0 la Chambre des repr\u00e9sentants, m\u00eame si le Parti travailliste a remport\u00e9 plus de voix. Ces r\u00e9sultats anormaux ont conduit le Parti travailliste \u00e0 cr\u00e9er une Commission royale sur le syst\u00e8me \u00e9lectoral apr\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir en 1984. La Commission a \u00e9tudi\u00e9 plusieurs syst\u00e8mes \u00e9lectoraux et a publi\u00e9 un rapport en 1986, recommandant l&#039;adoption d&#039;un syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle mixte (RPM) similaire \u00e0 celui de l&#039;Allemagne. Alors que le Parti travailliste voyait ses chances \u00e9lectorales s&#039;am\u00e9liorer \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, il a abandonn\u00e9 ces recommandations. Le Parti national y a vu une ouverture politique. Dans son manifeste \u00e9lectoral de 1990, il a promis un r\u00e9f\u00e9rendum sur les recommandations de la Commission. Le Parti national a retrouv\u00e9 la majorit\u00e9 en 1990, puis a lui aussi tent\u00e9 de renoncer \u00e0 la r\u00e9forme. Il a fallu un toll\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral en pleine r\u00e9cession pour contraindre le Parti national \u00e0 tenir sa promesse. Le gouvernement a organis\u00e9 deux r\u00e9f\u00e9rendums. Le premier demandait aux \u00e9lecteurs s&#039;ils soutenaient un \u00ab changement de mode de scrutin \u00bb. Il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 avec pr\u00e8s de 851 voix contre 3 voix en 1992. L&#039;ann\u00e9e suivante, quatre options pour remplacer le syst\u00e8me majoritaire ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au public. Une forte majorit\u00e9 a approuv\u00e9 le syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle mixte (RPM) propos\u00e9. Un dernier r\u00e9f\u00e9rendum contraignant a eu lieu en 1993, au cours duquel les deux principaux partis se sont vigoureusement oppos\u00e9s au RPM. Il a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 sans difficult\u00e9, et le nouveau syst\u00e8me est finalement entr\u00e9 en vigueur en 1996. Dans le cadre du RPM, les \u00e9lecteurs disposent de deux voix\u00a0: premi\u00e8rement, ils votent pour un candidat dans une circonscription uninominale au scrutin majoritaire. deuxi\u00e8mement, ils votent pour un parti politique au niveau national. Le RPM, \u00e0 partir des r\u00e9sultats du scrutin national, attribue les si\u00e8ges aux partis respectifs de mani\u00e8re proportionnelle. Par exemple, si un parti remporte 25% des voix, il devrait obtenir 30 si\u00e8ges au Parlement de 120 membres. Si ce parti a remport\u00e9 20 si\u00e8ges au scrutin uninominal majoritaire \u00e0 repr\u00e9sentation proportionnelle (SMP), le SMP lui attribue 10 si\u00e8ges suppl\u00e9mentaires pour atteindre la parit\u00e9 avec son propre parti. Comme certains autres syst\u00e8mes proportionnels, la Nouvelle-Z\u00e9lande impose un seuil. Pour remporter une part des voix, un parti doit d\u00e9passer 5% des voix nationales ou remporter au moins une circonscription uninominale. Depuis l&#039;adoption du SMP, plusieurs partis ont atteint ce seuil, g\u00e9n\u00e9ralement cinq environ. Il est important de noter que l&#039;indice de proportionnalit\u00e9 est pass\u00e9 d&#039;une moyenne de 11% avant la r\u00e9forme \u00e0 une moyenne de 3% depuis la r\u00e9forme (0% \u00e9tant parfaitement proportionnel). La politique en Nouvelle-Z\u00e9lande s&#039;est d\u00e9sormais adapt\u00e9e au syst\u00e8me proportionnel. Un parti n&#039;obtient plus la majorit\u00e9 des si\u00e8ges au gouvernement. Si les deux principaux partis continuent de remporter la plupart des si\u00e8ges, ils doivent former des coalitions avec d&#039;autres partis pour obtenir la majorit\u00e9. Cela exige compromis et collaboration. Ces compromis ont port\u00e9 leurs fruits. Par exemple, le Parlement n&#039;a eu aucune difficult\u00e9 \u00e0 adopter les budgets. Apr\u00e8s des d\u00e9cennies de d\u00e9ficits, le pays a d\u00e9gag\u00e9 des exc\u00e9dents budg\u00e9taires. Depuis la r\u00e9forme, aucun gouvernement n&#039;a subi de motion de censure. Les \u00e9lecteurs se disent plus satisfaits de leur gouvernement. Le Parti national a r\u00e9ussi \u00e0 imposer un vote suppl\u00e9mentaire pour le maintien du syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle mixte en 2011. Ce vote a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 avec pr\u00e8s de 601 votes. L&#039;Indice de d\u00e9mocratie classe d\u00e9sormais la Nouvelle-Z\u00e9lande au quatri\u00e8me rang des d\u00e9mocraties les plus fortes au monde.\r\n\r\n<strong>Participation<\/strong>\r\n\r\nSelon le cadre d\u00e9mocratique de Rousseau, les syst\u00e8mes proportionnels obtiennent d&#039;excellents r\u00e9sultats. Il est int\u00e9ressant de noter que les caract\u00e9ristiques des syst\u00e8mes proportionnels tendent \u00e0 \u00eatre presque l&#039;inverse de celles des syst\u00e8mes majoritaires. Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, Rousseau a expos\u00e9 une vision de la d\u00e9mocratie o\u00f9 la volont\u00e9 du peuple s&#039;exprime par la participation, la formation de majorit\u00e9s, des coalitions changeantes, l&#039;\u00e9galit\u00e9 et le choix. Ces caract\u00e9ristiques contribuent \u00e0 une d\u00e9mocratie saine. Les sondages montrent que la participation \u00e9lectorale est plus \u00e9lev\u00e9e dans les syst\u00e8mes proportionnels que dans les syst\u00e8mes majoritaires. Avec moins de votes perdus, les \u00e9lecteurs estiment que leur vote a plus de chances d&#039;aider leur candidat \u00e0 atteindre le quota requis pour un si\u00e8ge. De plus, les partis jouent un r\u00f4le plus important dans les syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 scrutin de liste. Comme nous l&#039;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment avec le \u00ab\u00a0calcul du vote\u00a0\u00bb, les partis stimulent la participation en r\u00e9duisant le co\u00fbt du vote. Les \u00e9lecteurs des syst\u00e8mes proportionnels indiquent \u00e9galement, dans les sondages, que les \u00e9lus sont plus attentifs \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats, ce qui peut \u00e9galement stimuler la participation. Avec les circonscriptions plurinominales, les partis cherchent \u00e0 obtenir des voix partout o\u00f9 ils peuvent. Un vote pour le parti conservateur est aussi important en ville qu&#039;\u00e0 la campagne. L&#039;essentiel est de d\u00e9passer le quota requis pour un si\u00e8ge. La n\u00e9cessit\u00e9 de solliciter des votes o\u00f9 qu&#039;ils se trouvent am\u00e9liore la satisfaction et la participation des \u00e9lecteurs aux \u00e9lections. \u00c0 l&#039;inverse, les syst\u00e8mes de vote majoritaire se caract\u00e9risent plus souvent par des scrutins non comp\u00e9titifs, car les circonscriptions uninominales permettent de manipuler les limites des circonscriptions par le biais du d\u00e9coupage \u00e9lectoral. Par exemple, seulement environ 10% des \u00e9lections l\u00e9gislatives en Caroline du Nord ont \u00e9t\u00e9 disput\u00e9es lors des derniers cycles \u00e9lectoraux. Lorsque l&#039;\u00e9lection est pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e, les \u00e9lecteurs sont moins motiv\u00e9s \u00e0 voter. Bien s\u00fbr, les bulletins de vote des syst\u00e8mes proportionnels sont plus complexes en raison des circonscriptions plurinominales. Au lieu de voter pour un candidat par poste, un \u00e9lecteur peut \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 plusieurs choix pour une circonscription. De plus, le syst\u00e8me de vote \u00e0 vote unique transf\u00e9rable (VUT) ajoute un niveau de complexit\u00e9 en raison du syst\u00e8me de classement. Apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, l&#039;Estonie a mis en place un VUT. Le pays l&#039;a abandonn\u00e9 apr\u00e8s une tentative en 1990, le trouvant confus, et a opt\u00e9 pour le scrutin proportionnel \u00e0 scrutin de liste. En r\u00e9sum\u00e9, les syst\u00e8mes proportionnels, et en particulier le VUT, favorisent une forte participation malgr\u00e9 l&#039;augmentation du nombre de bulletins propos\u00e9s aux \u00e9lecteurs.\r\n\r\n<strong>Formation des majorit\u00e9s<\/strong>\r\n\r\nLa principale critique du scrutin proportionnel porte sur ses performances post-\u00e9lectorales. Comme indiqu\u00e9 dans le pr\u00e9c\u00e9dent essai, un syst\u00e8me majoritaire pr\u00e9tend pouvoir l\u00e9gif\u00e9rer, tel que le pr\u00e9voyait Rousseau, lorsqu&#039;un parti unique l&#039;emporte dans un syst\u00e8me bipartite. Dans un syst\u00e8me proportionnel, un parti unique remporte rarement la majorit\u00e9 des si\u00e8ges lors d&#039;une \u00e9lection. Par cons\u00e9quent, ces syst\u00e8mes n\u00e9cessitent une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire pour former une majorit\u00e9 gouvernementale. Les partis doivent former des coalitions apr\u00e8s les \u00e9lections pour obtenir une majorit\u00e9 leur permettant de promulguer des lois. Les critiques affirment que cela conduit \u00e0 un blocage l\u00e9gislatif ou \u00e0 une influence indue des petits partis, pourtant n\u00e9cessaires pour obtenir la majorit\u00e9 des si\u00e8ges. Il existe certainement des exemples de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, notamment dans les pays nouvellement d\u00e9mocratiques ou dont les circonscriptions \u00e9lectorales sont de grande envergure, ce qui favorise la multiplicit\u00e9 des partis. Cependant, dans les d\u00e9mocraties matures dot\u00e9es d&#039;un syst\u00e8me proportionnel, les partis forment g\u00e9n\u00e9ralement facilement des majorit\u00e9s. En g\u00e9n\u00e9ral, tout gouvernement de coalition inclut l&#039;un des deux grands partis centristes, ce qui assure stabilit\u00e9 et continuit\u00e9. Plus important encore, ces gouvernements fonctionnent \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9. L&#039;Indice de d\u00e9mocratie, publi\u00e9 chaque ann\u00e9e par <u>L&#039;\u00e9conomiste<\/u>Cette analyse prend en compte la responsabilit\u00e9 envers l\u2019\u00e9lectorat entre les \u00e9lections, les freins et contrepoids, la transparence et l\u2019ouverture. Il est \u00e0 noter que cet indice accorde \u00e9galement la priorit\u00e9 au fonctionnement du pouvoir l\u00e9gislatif. En tant que pouvoir qui fait la loi, il joue un r\u00f4le central dans toute d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Presque toutes les d\u00e9mocraties les plus performantes sont des d\u00e9mocraties proportionnelles. \u00c9tant donn\u00e9 que les partis ont besoin de former une coalition pour atteindre une majorit\u00e9 dans un syst\u00e8me proportionnel, les \u00e9lecteurs s\u2019attendent \u00e0 un compromis et \u00e0 une collaboration. Ces d\u00e9mocraties sont rarement marqu\u00e9es par des campagnes d\u00e9clarant que l\u2019\u00e9lection est \u00ab la plus importante de l\u2019histoire \u00bb. Les \u00e9lecteurs ne s\u2019attendent pas \u00e0 ce qu\u2019une \u00e9lection aboutisse \u00e0 la d\u00e9faite finale de leur ennemi odieux. L\u2019\u00e9lection marque simplement une nouvelle occasion de voir les partis les plus favoris\u00e9s gagner une position plus forte dans les n\u00e9gociations avec les partenaires de la coalition pour former un gouvernement. Cette approche permet la mise en \u0153uvre de politiques qui n\u00e9cessitent un soutien politique \u00e0 long terme au sein du gouvernement. Il n\u2019est pas surprenant que l\u2019indice de d\u00e9mocratie place d\u00e9sormais les \u00c9tats-Unis dans la cat\u00e9gorie des \u00ab d\u00e9mocraties imparfaites \u00bb, principalement en raison des faibles notes accord\u00e9es au fonctionnement du gouvernement et \u00e0 la culture politique.\r\n\r\n<strong>Changement de coalition<\/strong>\r\n\r\nTout comme pour la formation des majorit\u00e9s, les critiques des syst\u00e8mes proportionnels soulignent la stagnation des coalitions d&#039;un cycle \u00e9lectoral \u00e0 l&#039;autre. Rousseau consid\u00e9rait la domination d&#039;une faction comme un anath\u00e8me \u00e0 la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques exigent un dynamisme qui voit les points de vue et les int\u00e9r\u00eats \u00e9voluer au gr\u00e9 de l&#039;\u00e9volution des besoins. Face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de former des coalitions, les syst\u00e8mes proportionnels peinent-ils \u00e0 r\u00e9pondre avec agilit\u00e9 aux attentes des \u00e9lecteurs, comme le refl\u00e8tent les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux\u00a0? Certains chercheurs ont observ\u00e9 que le troisi\u00e8me parti dans un syst\u00e8me proportionnel contr\u00f4le souvent le gouvernement en \u00e9tant la cl\u00e9 permanente de la r\u00e8gle de la majorit\u00e9. De plus, un parti aux faibles r\u00e9sultats peut conserver des si\u00e8ges sur plusieurs cycles, car il est plus facile de d\u00e9passer un quota que d&#039;atteindre la majorit\u00e9 des voix. De plus, il est plus difficile de cibler un parti en particulier lors d&#039;une campagne dans un syst\u00e8me multipartite. Malgr\u00e9 l&#039;absence de fluctuations brutales et de campagnes \u00e0 la vie ou \u00e0 la mort, les syst\u00e8mes proportionnels produisent de nouvelles coalitions d&#039;un cycle \u00e0 l&#039;autre. Il convient de noter la r\u00e9cente mont\u00e9e du Sinn Fein en Irlande, qui a fait basculer le gouvernement du centre-droit vers le centre-gauche ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Puisque les partis peuvent r\u00e9duire leur \u00e9lectorat tout en gagnant des si\u00e8ges, ils peuvent se permettre d&#039;\u00eatre plus coh\u00e9rents et constants sur leurs politiques. Par exemple, la Nouvelle-Z\u00e9lande a connu l&#039;essor de nouveaux partis comme United Future, qui pr\u00f4ne des politiques socialement conservatrices mais \u00e9conomiquement centristes. ACT New Zealand d\u00e9fend un programme libertaire, socialement lib\u00e9ral et budg\u00e9tairement conservateur. Le succ\u00e8s de ces partis indique \u00e0 un gouvernement de coalition quelles politiques n\u00e9cessitent une attention particuli\u00e8re entre les \u00e9lections. Aux \u00c9tats-Unis, le Parti r\u00e9publicain et le Parti d\u00e9mocrate expriment tous deux, de mani\u00e8re g\u00eanante, des philosophies contradictoires, qu&#039;ils soient au pouvoir ou non. Soucieux de maintenir la coh\u00e9sion de circonscriptions larges et instables, nos principaux partis peinent \u00e0 faire des choix politiques difficiles qui pourraient ali\u00e9ner une faction du parti. Le scrutin proportionnel offre aux partis des espaces de concurrence politique, sachant qu&#039;ils conserveront un r\u00f4le au gouvernement. Par cons\u00e9quent, les gouvernements de coalition \u00e9volueront au fil du temps en fonction de la clart\u00e9 r\u00e9sultant d&#039;un cycle \u00e9lectoral.\r\n\r\n<strong>\u00c9galit\u00e9<\/strong>\r\n\r\nLe scrutin proportionnel a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u sp\u00e9cifiquement pour r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations concernant l&#039;in\u00e9galit\u00e9 associ\u00e9e aux syst\u00e8mes majoritaires. Les th\u00e9oriciens politiques ont reconnu que les syst\u00e8mes majoritaires traitent les \u00e9lecteurs de mani\u00e8re in\u00e9gale de deux mani\u00e8res\u00a0: premi\u00e8rement, ils peuvent exclure d\u00e9finitivement les groupes et les points de vue minoritaires de toute repr\u00e9sentation\u00a0; deuxi\u00e8mement, ils peuvent aggraver le nombre de votes perdus, certaines voix comptant plus que d&#039;autres. Le scrutin proportionnel rem\u00e9die \u00e0 ces probl\u00e8mes. John Stuart Mills a \u00e9crit que sans proportionnalit\u00e9, \u00ab\u00a0il n&#039;y a pas de gouvernement \u00e9galitaire, mais un gouvernement d&#039;in\u00e9galit\u00e9s et de privil\u00e8ges\u00a0; une partie du peuple domine le reste\u00a0\u00bb. Le scrutin proportionnel rem\u00e9die \u00e0 ce probl\u00e8me en garantissant une repr\u00e9sentation \u00e9quitable des points de vue minoritaires, proportionnelle \u00e0 leur soutien. Dans les juridictions o\u00f9 un parti b\u00e9n\u00e9ficie d&#039;une majorit\u00e9 durable, un scrutin proportionnel garantit \u00e9galement la participation des opinions minoritaires. Si les partis minoritaires ne sont pas en mesure d&#039;influencer la l\u00e9gislation, ils peuvent participer au processus l\u00e9gislatif et l&#039;influencer. Plus important encore, le scrutin proportionnel pr\u00e9vient le fl\u00e9au des votes perdus. Comme indiqu\u00e9 dans le dernier essai, le d\u00e9coupage \u00e9lectoral (gerrymandering) illustre le pire des cas de votes gaspill\u00e9s\u00a0: un parti manipule les limites des circonscriptions pour diluer le nombre de si\u00e8ges du parti adverse. Il concentre les partisans d&#039;un parti dans quelques circonscriptions, permettant ainsi \u00e0 un autre parti d&#039;en remporter beaucoup plus avec des marges plus serr\u00e9es. Par cons\u00e9quent, le d\u00e9coupage \u00e9lectoral gonfle artificiellement le pouvoir du parti qui dessine les circonscriptions. Le scrutin proportionnel r\u00e9duit consid\u00e9rablement les risques de d\u00e9coupage \u00e9lectoral gr\u00e2ce aux circonscriptions plurinominales. Ces circonscriptions permettent de garantir que le pourcentage de voix obtenues par un parti ou un candidat corresponde au nombre de si\u00e8ges remport\u00e9s. Comme indiqu\u00e9, les exemples les plus extr\u00eames sont les Pays-Bas et Isra\u00ebl, qui n&#039;ont qu&#039;une seule circonscription nationale, de sorte qu&#039;il n&#039;existe aucun m\u00e9canisme permettant de manipuler les circonscriptions. Quoi qu&#039;il en soit, m\u00eame les circonscriptions de quatre ou cinq si\u00e8ges enregistrent bien moins de votes gaspill\u00e9s que les syst\u00e8mes majoritaires.\r\n\r\n<strong>Choix<\/strong>\r\n\r\nSi le vote proportionnel est un bon indicateur de participation et d\u2019\u00e9galit\u00e9, c\u2019est le choix qui lui conf\u00e8re son plus grand atout. Le dernier essai a soulign\u00e9 que les syst\u00e8mes majoritaires compromettent le choix lorsque plus de deux choix apparaissent sur le bulletin de vote de plusieurs fa\u00e7ons : premi\u00e8rement, ils peuvent entra\u00eener des r\u00e9sultats incompatibles avec les pr\u00e9f\u00e9rences des \u00e9lecteurs, deuxi\u00e8mement, ils peuvent supprimer les opportunit\u00e9s pour les candidats issus de minorit\u00e9s et les femmes ; et troisi\u00e8mement, ils peuvent d\u00e9former les pr\u00e9f\u00e9rences des \u00e9lecteurs par le biais d\u2019un vote strat\u00e9gique. Les syst\u00e8mes de vote proportionnel \u00e9vitent ces probl\u00e8mes. Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, le vote proportionnel liste plusieurs candidats pour plusieurs si\u00e8ges sur le bulletin de vote. Par cons\u00e9quent, ce syst\u00e8me n\u2019a pas besoin de fabriquer un moyen de r\u00e9duire plusieurs candidats \u00e0 deux avant de s\u00e9lectionner un vainqueur. Le vote proportionnel n\u2019\u00e9chappe pas compl\u00e8tement \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019utiliser des formules comme celles qui ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es pour les votes restants, mais ces m\u00e9canismes sont mieux \u00e9quip\u00e9s pour traduire les pr\u00e9f\u00e9rences des \u00e9lecteurs en r\u00e9sultats que ceux associ\u00e9s aux syst\u00e8mes majoritaires. Il n\u2019est pas surprenant que Condorcet, qui a expos\u00e9 les d\u00e9fauts des syst\u00e8mes majoritaires, ait con\u00e7u un syst\u00e8me de vote avec des aspects proportionnels.\r\n\r\n<strong>Repr\u00e9sentation des minorit\u00e9s et des femmes<\/strong>\r\n\r\nComme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 dans le dernier essai, le syst\u00e8me de vote \u00e0 la majorit\u00e9 simple tend \u00e0 diminuer la repr\u00e9sentation des femmes et des minorit\u00e9s au sein des organes l\u00e9gislatifs. Pour cette raison, il limite inutilement le choix. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u2013 connu sous le nom de th\u00e9orie du \u00ab candidat le plus largement acceptable \u00bb \u2013 se produit dans un syst\u00e8me bipartite qui s\u2019appuie sur l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 pour attirer des coalitions disparates afin de r\u00e9ussir. Le vote proportionnel contrecarre cette tendance en encourageant les partis \u00e0 pr\u00e9senter des listes avec un \u00e9ventail diversifi\u00e9 de candidats. N\u2019ayant pas besoin d\u2019une majorit\u00e9 pour remporter des si\u00e8ges, les partis peuvent attirer un \u00e9ventail de groupes constitutifs. Le Manuel de conception des syst\u00e8mes \u00e9lectoraux cite de nombreuses recherches montrant que les minorit\u00e9s raciales et ethniques ainsi que les femmes remportent beaucoup plus de si\u00e8ges dans un syst\u00e8me proportionnel que dans un syst\u00e8me de vote \u00e0 un tour. 14 des 20 pays o\u00f9 les femmes sont les plus nombreuses \u00e0 \u00e9lire des candidats sont des syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation proportionnelle \u00e0 scrutin de liste.\r\n\r\n<strong>Libert\u00e9 de choix<\/strong>\r\n\r\nEnfin, le syst\u00e8me proportionnel laisse aux \u00e9lecteurs une certaine latitude pour choisir un candidat ou un parti. Ce faisant, il a un effet psychologique important sur la fa\u00e7on dont ils se comportent au sein du syst\u00e8me politique. Il est important de noter que le vote proportionnel permet aux \u00e9lecteurs d\u2019exprimer leur pr\u00e9f\u00e9rence plut\u00f4t que de voter de mani\u00e8re strat\u00e9gique. Comme d\u00e9crit dans l\u2019essai pr\u00e9c\u00e9dent, le vote strat\u00e9gique peut contribuer \u00e0 une boucle de r\u00e9troaction n\u00e9gative de polarisation, car les \u00e9lecteurs sont de plus en plus motiv\u00e9s par la haine d\u2019un parti adverse plut\u00f4t que par le soutien \u00e0 un choix pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Avec le vote proportionnel, il n\u2019y a aucune p\u00e9nalit\u00e9 pour voter pour un candidat qui ne peut pas obtenir la majorit\u00e9 des voix. Les candidats doivent simplement atteindre le quota. Par cons\u00e9quent, le vote proportionnel encourage le soutien \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 de partis, ce qui d\u00e9polarise l\u2019\u00e9lectorat. Comme le vote proportionnel encourage la libre expression des pr\u00e9f\u00e9rences, il r\u00e9v\u00e8le la diversit\u00e9 des choix exprim\u00e9s par les \u00e9lecteurs, lib\u00e9rant ainsi le cerveau collectif. Si les syst\u00e8mes proportionnels aboutissent souvent \u00e0 des gouvernements de coalition, ces coalitions peuvent repr\u00e9senter plus pr\u00e9cis\u00e9ment la volont\u00e9 du peuple, conduisant \u00e0 des d\u00e9cisions sur les biens publics refl\u00e9tant les divers int\u00e9r\u00eats de la population.\r\n\r\n<strong>La promesse du vote proportionnel<\/strong>\r\n\r\nLe scrutin proportionnel est n\u00e9 de la recherche consciente d\u2019un syst\u00e8me qui permettrait de rem\u00e9dier \u00e0 certains d\u00e9fauts du scrutin majoritaire. Les th\u00e9oriciens politiques ont pu constater que les syst\u00e8mes majoritaires emp\u00eachaient ind\u00fbment les minorit\u00e9s de participer au gouvernement. Ils ont \u00e9galement compris comment le vote majoritaire encourageait la manipulation des circonscriptions pour d\u00e9fendre certains int\u00e9r\u00eats. En r\u00e9ponse, les th\u00e9oriciens ont imagin\u00e9 un syst\u00e8me qui donnerait la parole aux int\u00e9r\u00eats des minorit\u00e9s. Cependant, il a fallu du temps pour concevoir un syst\u00e8me \u00e9lectoral qui g\u00e9n\u00e8re des gagnants en fonction de leur part des voix. Plus important encore, il a fallu des circonstances politiques uniques \u00e0 l\u2019aube du XXe si\u00e8cle.<sup>\u00e8me<\/sup> Le si\u00e8cle dernier a permis des r\u00e9formes qui ont diminu\u00e9 le pouvoir des principaux partis et permis \u00e0 d\u2019autres d\u2019avoir leur mot \u00e0 dire. L\u2019exp\u00e9rience n\u00e9o-z\u00e9landaise montre que la pression publique peut conduire \u00e0 des r\u00e9formes lorsque les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux r\u00e9v\u00e8lent les failles du scrutin majoritaire. La principale caract\u00e9ristique du scrutin proportionnel est peut-\u00eatre celle identifi\u00e9e par Duverger : il \u00ab d\u00e9polarise \u00bb les \u00e9lecteurs en encourageant la pluralit\u00e9 des partis. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 la polarisation constitue une menace existentielle pour la d\u00e9mocratie, un tel attribut a une valeur inestimable.\r\n\r\n<hr \/>\r\n\r\n<em>Mack Paul est membre du conseil consultatif d&#039;\u00c9tat de Common Cause NC et associ\u00e9 fondateur de Morningstar Law Group.<\/em>\r\n\r\nPi\u00e8ces de cette s\u00e9rie :\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-introduction\/\">Introduction : Construire la d\u00e9mocratie 2.0<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-quest-ce-que-la-democratie-et-pourquoi-est-elle-importante\/\">Partie 1 : Qu\u2019est-ce que la d\u00e9mocratie et pourquoi est-elle importante ?<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-comment-lidee-de-liberte-rend-possible-la-premiere-innovation\/\" rel=\"noopener\">Partie 2 : Comment l\u2019id\u00e9e de libert\u00e9 rend possible la premi\u00e8re innovation<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-la-deuxieme-innovation-qui-a-donne-naissance-a-la-democratie-moderne\/\">Partie 3 : La deuxi\u00e8me innovation qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 la d\u00e9mocratie moderne<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-la-montee-et-le-fonctionnement-des-partis-politiques-remettre-les-pendules-a-lheure\/\">Partie 4 : L\u2019essor et la fonction des partis politiques \u2013 Remettre les pendules \u00e0 l\u2019heure<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-comment-les-partis-politiques-ont-transforme-le-conflit-en-une-force-productive\/\">Partie 5 : Comment les partis politiques ont transform\u00e9 le conflit en force productive<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-une-democratie-2-0-et-le-defi-de-lengagement-des-electeurs\/\">Partie 6 : Les partis et le d\u00e9fi de l\u2019engagement des \u00e9lecteurs<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-le-mouvement-progressiste-et-le-declin-des-partis-en-amerique\/\">Partie 7 : Le mouvement progressiste et le d\u00e9clin des partis en Am\u00e9rique<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-rousseau-et-la-volonte-du-peuple\/\">Partie 8 : Rousseau et \u00ab la volont\u00e9 du peuple \u00bb<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-le-sombre-secret-du-vote-majoritaire\/\">Partie 9 : Le sombre secret du vote majoritaire<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-la-promesse-du-scrutin-proportionnel\/\">Partie 10 : La promesse du vote proportionnel<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-majorites-minorites-et-innovation-dans-la-conception-electorale\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Partie 11 : Majorit\u00e9s, minorit\u00e9s et innovation dans la conception des \u00e9lections<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-les-tentatives-malavisees-de-reforme-electorale-aux-etats-unis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Partie 12 : Les tentatives malavis\u00e9es de r\u00e9forme \u00e9lectorale aux \u00c9tats-Unis<\/a>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/www.commoncause.org\/north-carolina\/fr\/democracy-wire\/construire-la-democratie-2-0-les-usages-et-les-abus-du-redecoupage-electoral-dans-la-democratie-americaine\/\">Partie 13 : Construire la d\u00e9mocratie 2.0 : les usages et les abus du red\u00e9coupage \u00e9lectoral dans la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine<\/a>"}}]},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.6 (Yoast SEO v27.1.1) - 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